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  • Louise Renard

Cerebrum, le faiseur de réalités - Théâtre des Martyrs [théâtre]

Yvain Juillard présente Cerebrum, le faiseur de réalités aux Martyrs du 3 au 21 mars, un spectacle-conférence traitant du cerveau et de ses complexités. Entre le seul en scène et le Ted Talk, l’acteur et auteur du projet nous interroge, nous fait faire des expérimentations et nous pousse au questionnement de qu’est-ce que c'est que notre réalité.


Le plateau est relativement neutre avec seulement quelques objets (ordinateur, box isotherme,…) et le spectacle ne commence que lorsque l’acteur entre par la porte de l'entrée public – un peu timide, un peu nerveux – en provoquant immédiatement une empathie chez le spectateur. Ceci lance notre écoute dans les meilleurs conditions possibles malgré une prise de parole, elle aussi, un peu timide au début.


Après un petit jeu sur la manière dont le cerveau perçoit un cube suspendu en fond de scène, on se lance dans le vif du sujet. Dès lors, Yvain Juillard nous explique qu’à partir de la prémonition d’un enfant sur l’avenir qui nous attend, un avenir sans humains, il s’est mis à questionner comment va évoluer notre cerveau face aux nouvelles technologies qui s’emparent de plus en plus de notre réalité : google, google maps, le cloud, etc.

Dans une forme qui est très libre, l’acteur passe de moments où il s’adresse à nous en tant que conférencier à des moments où il se laisse davantage glisser dans un personnage (comme dans celui d'un patient victime d’héminégligence) et enfin des moments où il semble chercher une interaction avec le public qu’il n’arrive pas à obtenir.


C’est peut-être là où le bas blesse légèrement car en effet, le contrat entre l’acteur et le spectateur n’est pas très clair. Parfois on sent qu’on doit réagir, parfois on hésite, plus on hésite, plus tout le monde se tait, et parallèlement quand une voix dans le public s’élève seule, on s’étonne un peu… Et lorsque l’acteur regrette le silence du public, on ne sait pas si c’est réellement l’acteur qui voudrait qu’on réagisse davantage où si c’est un personnage qui n'attend pas vraiment de réaction en contrepartie. On ne sait donc pas si tout est prévu et maîtrisé où si réellement la réaction du public n’est pas celle attendue.


Mais mis à part ce petit défaut qui est possiblement uniquement lié au stress de l’improvisation avec le public, le fond est très intéressant et la passion d’Yvain Juillard pour son sujet est parfaitement contagieuse. De plus, le fait d'avoir choisi de ne se cantonner ni uniquement à la part scientifique ni uniquement à la part philosophique fait qu’on ressort intrigué – presque frustré dans le sens où on aurait voulu en savoir davantage sur certaines thématiques – et qu’on ne s’est jamais ennuyé un seul instant. Avec plus d’assurance, le spectateur ne pourra qu’en être plus suspendu aux lèvres de l'acteur-conférencier car sa passion nous parvient extrêmement bien.


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(c) Photos de Hichem Dahes


De et avec Yvain Juillard

Regard extérieur : Olivier Boudon

Son : Marc Doutrepont

Régie générale et lumière : Vincent Tandonnet

Vidéo : Stefano Serra et Robin Yerlès

Conseils neuroscientifiques : Yves Rossetti

Production, diffusion et presse : Isabelle Jans & Yvain Juillard