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  • Louise Renard

Les Antipodes - Les Tanneurs [théâtre]

Du 3 au 9 octobre, se joue aux Tanneurs le spectacle Les Antipodes, qui d’après le texte d’Annie Baker, joint sur le plateau le Canine Collectif ainsi que le collectif TG STAN dans un spectacle étonnant, unique, très méta mais surtout fascinant dans ce qu’il nous permet, en tant que spectateur, d’observer. Les Antipodes, c’est la rencontre de deux univers. D’un part, le Canine Collectif, le jeune collectif qui a déjà plusieurs cordes à son arc et dont nous avons déjà pu voir la malice et l’ingéniosité dans Régis. D’autre part, TG STAN, dont la réputation n’est plus à faire, dont le renouvellement est connu et pour qui les changements de formes et de genres sont monnaie courante. Alors quand on entre dans la salle, on a à la fois beaucoup d’attente en terme de ce qu’on espère ressentir – mais, pour ma part, je n'avais pas la moindre idée de ce que cette rencontre allait donner, et donc aucune attente en terme de contenu.

Du moins c’est ce que je pensais. Car quand se déroule la quête « d’histoire à raconter » qui est au centre du texte et du spectacle, je me rends compte que ce que j’adore particulièrement dans le travail de ces deux collectifs, c’est le foisonnement, le chaos, le trop, le trop vite. Et pour les trois premiers éléments, je n’ai pas été déçue. Il y a beaucoup de chose qui se passent, dans le texte, dans les regards, dans les complicités et dans les non-dits entre les personnages. Il y a aussi beaucoup de chose qui sont dites, beaucoup d’histoires racontées – donnant parfois le sentiment d’un ami qui vous raconte un rêve un peu bizarre. Il y a aussi le chaos, à la fois au centre de la quête des personnages, et dans la manière dont tout est amené. Et si trop est un superlatif, il n’est jamais – dans le cas de ces créateur.ices spectaculaires, un reproche.


Ce qui m’a manqué en contre-point : c’est le « trop vite ». Difficile de jauger d’où provenait pour moi le manque d’urgence, mais ce manque, je l’ai ressenti. Peut-être dans le rythme que je n’ai pas senti comme assez effréné, peut-être par la longueur du spectacle ou pour une autre raison que je ne saurais définir. Je n’ai malheureusement ressenti cette urgence que lors de l’appel zoom chaotique avec la voix « guest-star » de Damiaan De Schrijver et dans le personnage Sarah (Saartje) – et il me manquait de la ressentir dans le reste du spectacle. Cela dit, l'engourdissement de certains moments permettait aussi à des personnages moins loquaces de faire paraître des moments de poésie dans leur silence ou dans leur retenue - avec une mention particulière pour le personnage de Robby Cleiren (ci-dessus une photo de son personnage) qui en est la parfaite représentation.


Enfin, Canine et STAN ne m’ont pas déçue et la rencontre est une très belle réussite intergénérationnelle et intercommunautaire qui soulève pleins de pistes de questionnements intéressants sur la manière dont notre monde raconte des histoires, ou n’en devrait peut-être plus raconter.


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© Photos de Kurt Van der Elst


Plus d'informations sur le spectacle ici.

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